16 11 16/11 2016

GNI

Publication des chiffres du trafic Paris Aéroport et le triste constat du GNI : Le retour des touristes ne profite pas à l’hotellerie traditionnelle

Au mois d’octobre 2016, le trafic de Paris Aéroport enregistre une hausse de 0, 6% par rapport à octobre 2015. Pour le GNI, les chiffres communiqués par le groupe ADP le lundi 14 novembre sont instructifs à plusieurs titres. Non seulement ils soulignent, qu’à ce jour, les touristes en provenance de certains pays évitent encore la France mais surtout ils démontrent que la hausse du trafic n’entraîne pas de hausse de fréquentation dans l’hôtellerie traditionnelle..

Une fréquentation aéroportuaire en hausse mais une hôtellerie traditionnelle en baisse, à qui la faute ?

La hausse de 0, 6% enregistrée pour le mois d’octobre est principalement due au nombre de passagers accueillis à l’aéroport de Paris-Orly qui connait une hausse de +4, 6% tandis que l’aéroport Paris Charles de Gaulle enregistre une baisse de – 1, 2%. Le trafic international est en léger recul (-0, 9%) en raison d’une baisse importante des passagers en provenance d’Asie-Pacifique (- 7, 9%), d’Amérique du Nord ( - 2,6%) et d’Amérique Latine (-1%). D’autre part, le nombre de passagers en correspondance est en hausse de +0, 9%.
L’hôtellerie, quant à elle, atteint au troisième trimestre 2016, une baisse moyenne de fréquentation de – 6% pour les hôtels et de -5,5% pour les hôtels-restaurants et des baisses de l’ordre de – 11% en Ile de France et de -5, 5% en PACA*. *source Observatoire GNI/ I+C

Pour le GNI, il est certain qu’une partie de la clientèle en provenance d’Asie-Pacifique et d’Amérique du Nord a fortement réagi aux attentats et continue d’éviter la destination France. A la perte de cette clientèle à fort pouvoir d’achat fréquentant l’hôtellerie traditionnelle s’ajoute une augmentation d’une clientèle à plus faible pouvoir d’achat et à « bas coûts », clientèle privilégiant l’aéroport de Paris-Orly dont la fréquentation est en forte hausse et privilégiant également les meublés de tourisme.
Les clients préfèrent dorénavant se tourner vers des meublés de tourisme, proposant des tarifs plus attractifs, en l’absence de charges sociales et fiscales, et en moyenne 30% moins cher qu’une chambre d’hôtel et même 49% moins cher si on exclut le ménage (source Sorgem).

En octobre 2016, le taux d’occupation de l’hôtellerie classique est de 61 % quand, pour le même mois, la plateforme Airbnb déclare un taux d’occupation de 85 %. Une nouvelle fois, ces chiffres démontrent que les craintes persistantes suite aux événements tragiques de Paris et de Nice ne parviennent pas à expliquer seules les difficultés rencontrées par le secteur CHR. Ils sont surtout la preuve que le secteur est entré dans une véritable crise structurelle en raison de la concurrence déloyale de nouveaux acteurs appartenant à l’économie dite collaborative.

La professionnalisation de l’économie dite collaborative exige une réponse adaptée

Si le GNI a salué les mesures prises en faveur du secteur du tourisme annoncées lors du comité interministériel tourisme réuni le lundi 7 novembre, il a également fait part de sa crainte que ces fonds ne profitent qu’à un pan de l’économie noire du tourisme. Il est donc temps de réagir.

Aussi, afin de rééquilibrer cette concurrence manifestement déloyale envers les acteurs dits traditionnels, le GNI demande qu’à l’occasion des prochains débats relatifs à l’article 10 du PLFSS soit inscrit dans la Loi le principe de l’assujettissement aux charges sociales des revenus tirés de la location de meublés de tourisme. Il souhaite que le seuil d’assujettissement aux charges sociales soit aligné sur le celui des chambres d’hôtes en exigeant des loueurs qu’ils s’inscrivent au RSI et s’acquittent de charges sociales au-delà de 5 020 € de revenus annuels tirés de la location de ces meublés de tourisme.

En cas de revenu inférieur, il n’y aurait pas d’obligation d’affiliation. Les revenus générés par la location seraient alors soumis aux contributions sociales sur les revenus du patrimoine au taux global de 15,5 %.

Pour le GNI, il s’agit d’une question d’équité économique et de justice sociale. Il appartient aux loueurs de meublés de tourisme de contribuer justement au régime social de notre pays. Il en va de l’intérêt de TOUS !


GNI de l’hotellerie et de la restauration
Le GNI est la seule Organisation Professionnelle indépendante au service des hôtels, cafés, restaurants, traiteurs organisateurs de réception et établissements de nuit indépendants et patrimoniaux. Didier Chenet est président du SYNHORCAT et du GNI, Claude Daumas, président de la FAGIHT est président délégué du GNI, Philippe Quintana, président du CT-CHRD est également président délégué du GNI.

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