18 04 18/04 2018

GNI

L’appel des hôteliers et restaurateurs aux cheminots en grève : Cessez de prendre en otage le tourisme et ses salariés !

En plein 4ème épisode de grèves, le GNI, Groupement National des Indépendants de l’Hôtellerie & de la Restauration livre ses constats sur l’impact des grèves à la SNCF pour les hôtels et les restaurants.

L’impact de ces grèves sur l’hôtellerie. Paris s’en sort, la province souffre et tout particulièrement la façade atlantique

A Paris, 75 % des hôtels échappent à une baisse d’activité. Ils sont même 50% à enregistrer une augmentation de leur activité par rapport à l’année dernière à la même époque. Une augmentation d’activité qui durait depuis plusieurs mois et que les grèves viennent toutefois impacter. Pour ces hôtels, on passe d’une croissance à deux chiffres à une croissance à un chiffre.
Pour les 25% d’hôtels parisiens qui font face à une baisse de leur activité, celle-ci reste contenue. Elle est de l’ordre de 5%.

La façade atlantique, Bretagne et Nouvelle Aquitaine, est durement frappée par les grèves. La baisse d’activité est de l’ordre de 25%. A l’évidence ces régions, desservies par le TGV, souffrent plus que d’autres des grèves à la SNCF, après avoir, il est vrai, connu d’excellentes performances à la même époque en 2017.

Les autres régions enregistrent des impacts un peu moindres. La baisse d’activité est de 15% en Paca et en Corse, comme en Auvergne elle est de 10% en Occitanie, en Normandie et dans le Centre Val de Loire. Les Hauts de France enregistrent une baisse d’activité de 5% de leur hôtellerie.

Les clients continuent d’arriver, notamment les américains et les moyens orientaux. « Jusqu’à quand ? » s’interroge un hôtelier parisien, plus inquiet par la grève chez Air France qu’à la SNCF. Il craint aussi, comme nombre de ses collègues, le mal fait à l’image de la France y compris par le fait d’une communication à la charge de notre pays dans certains médias étrangers, notamment américains.

Les clients français et business s’adaptent. Entre ceux qui prolongent leur séjour et ceux qui annulent, une certaine compensation s’organise au prix d’une extrême flexibilité des professionnels dans la tenue des plannings de réservations des chambres.

La restauration plus durement touchée par les grèves

A Paris la baisse d’activité est de 10% pour le mois d’avril en comparaison avec la même époque l’année passée. Les jours de grève, l’activité chute de deux tiers dans certains établissements.

En Nouvelle Aquitaine et en Normandie, la chute est de 15% à comparer encore avec une très bonne activité en 2017.

Laurent Fréchet, Président des restaurateurs, livre son analyse : « Pas de déjeuner au restaurant le midi. Les clients font du télétravail ou récupèrent les heures perdues dans les transports. Le soir, ils pensent à rentrer. On ne voit plus de groupe dans les établissements, pas d’happy hour ou de pause à la sortie des bureaux entre amis ou collègues. Seuls les restaurants de quartier arrivent à tenir. Les restaurants de destination, où l’on vient déguster une très belle cuisine ou profiter d’une atmosphère, sont les plus touchés.

De façon très pragmatique, les clients sacrifient leur pause déjeuner ou leur soirée au restaurant. Ils doivent se lever tôt le lendemain matin pour affronter une nouvelle journée de grèves. »

Un coup de chapeau aux salariés !

 « Avec la hausse des loyers dans les cœurs de villes du fait notamment de la multiplication des locations de type Airbnb, nos salariés habitent de plus en plus loin de nos établissements. Chaque jour de grève est pour eux un jour de galère où il faut pallier l’absence de trains ou réussir à monter dans une rame complètement bondée. Ils doivent se débrouiller par tout moyen pour venir travailler car quand on est serveur ou femme de chambre, le télétravail c’est impossible ! » Didier Chenet, Président du GNI, « tire un coup de chapeau aux collaborateurs qui s’appliquent à affronter ces perturbations et à venir à l’heure au travail par tous les moyens imaginables ! » 

Vite, la fin de crise !

Tous les professionnels espèrent une sortie de crise rapide. Ils ont l’impression d’être pris en otage. Déjà des difficultés de trésorerie se présentent. Si les grèves venaient à se poursuivre sur le mois de mai comme cela est annoncé, alors il y aura de la casse. Certains devront mettre la clé sous la porte. Le GNI demande au Gouvernement d’activer la cellule de continuité économique réunie par Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’Economie pendant l’hiver 2015. Quant aux cheminots, nous leur demandons de cesser de nous prendre en otage. Ils seraient bien inspirés de reprendre le travail. 

GNI de l’Hôtellerie- Restauration
Le GNI est la seule Organisation Professionnelle indépendante au service des hôtels, cafés, restaurants, traiteurs organisateurs de réception et établissements de nuit indépendants et patrimoniaux. Didier Chenet est président du GNI et du GNI-SYNHORCAT, Pascal Droux, président du GNI-FAGIHT est président délégué du GNI, Philippe Quintana, président du GNI-CT-CHRD est également président délégué du GNI.

CONTACTS PRESSE
Franck TROUET – f.trouet@gni-hcr.fr – 06 73 86 66 65