28 06 28/06 2012

L’édito de Didier Chenet, Président du Synhorcat.

Comment la migration d’un contrat imposée par une OTA peut être révélatrice de l’état du Marché hôtelier...

Nos hôteliers viennent pour nombre d’entre eux de recevoir une missive, pour le moins étonnante, d’une puissante OTA dont les termes n’ont pas manqué de les interpeller. En substance, ce courrier leur indique que depuis le 1er juillet, leur contrat passé avec la filiale anglaise est repris d’autorité par la Maison-mère hollandaise, et qu’à défaut de refus exprès de leur part, dans un délai ridiculement court, le transfert sera de facto entériné.

Le SYNHORCAT s’est saisit de cette affaire. Il a immédiatement demandé à la direction de cette OTA des éclaircissements : pourquoi imposer cette migration ? Quelles en sont les motivations ? Quelles sont les conséquences attendues pour nos professionnels en fonction de leur réponse ?... Et de demander à cette occasion une suspension du délai de réflexion accordé aux hôteliers.

Le SYNHORCAT a tenu, en cela, le rôle qui est le sien, de veiller à l’intérêt de ses membres.

Mais, ce qu’il faut à mon sens retenir de cette affaire, c’est la question de la relation entre nos hôteliers et ces OTAs : Quel est le poids aujourd’hui de nos hôteliers dans leur relation avec ces OTAs qui chaque jour semblent vouloir et pouvoir imposer encore plus leur loi ?

Autrement dit, après avoir subi une inflation inconsidérée des commissions qui peuvent atteindre 25%, après avoir signé des contrats comportant des clauses léonines comme celles exigeant la parité de prix ou la disponibilité de la dernière chambre, les hôteliers seraient ils définitivement passés sous la coupe de ces OTAs à tel point qu’ils ne pourraient plus rien leur opposer ?

A cela, je veux croire que la réponse est non mais qu’il est plus que temps de sonner la révolte.

Déjà le SYNHORCAT a agit en assignant devant la justice et en faisant condamner des sites pour non respect du code de la consommation, déjà il a saisi avec d’autres la Commission d’Examen des Pratiques Commerciales (CEPC) afin de faire tomber les clauses abusives des contrats...

Cela ne saurait suffire. Il importe à nos hôteliers de se mobiliser également. Il leur faut reprendre la main avant qu’il ne soit trop tard...Désormais des décisions de justice évaluent les fonds de commerce de l’hôtellerie sur la base du chiffres d’affaires réalisé, déduction faite des commissions versées aux OTAs !

Alors à vous tous hôteliers je vous le dis : Unissez vous, rejoignez notre combat !

L’union faisant la force, il n’y a que tous ensemble que nous pourrons obtenir la moralisation d’internet que nous réclamons depuis des années et que nous portions il y a encore 8 jours devant notre Ministre de tutelle.