18 07 18/07 2018

Actualités

Observatoire GNI I+C - Supplément emploi : Vincent Sitz, Président de la Commission Emploi, Formation & Handicap répond à nos questions

Quel est, selon vous, le problème majeur que rencontrent aujourd’hui les professionnels ?

Vincent Sitz : Aujourd’hui le problème c’est celui de l’emploi. Seulement 25% des entreprises du secteur ont embauché au cours du 1er semestre 2018. Un chiffre en baisse de 9 points par rapport à l’an passé.

Le nombre d’embauches était de 2,3 salariés en moyenne. Un chiffre aussi en baisse (2,9 salarié l’an passé).

Au final, nous avons certes embauché près de 18 000 salariés, mais il reste 150 000 emplois à pourvoir dans notre secteur. Nous manquons terriblement de personnel.

Quelles raisons identifiez-vous à ce problème ?

Vincent Sitz : Il ressort de notre observatoire que 36% des entreprises ont rencontré des difficultés de recrutement au cours des 6 mois passés. C’est énorme !

1ère difficulté recensée : l’absence de candidats.

2ème difficulté : le problème de qualification des candidats.

Avez-vous des solutions ?

Vincent Sitz : Le GNI veut être force de propositions et agir avec les autres acteurs du secteur et le Gouvernement.

Nous voulons pouvoir accueillir de nouvelles populations de salariés comme les migrants dont l’arrivée inquiète certains de nos concitoyens. Ils peuvent être une chance pour notre secteur.

Nous sommes capables de les former et de les accueillir dans nos établissements dans le cadre d’une convention passé avec l’Etat.

Nous voulons aussi organiser une véritable politique de branche afin d’accueillir encore plus de travailleurs handicapés dans nos établissements, si tant est que nous ayons le cadre juridique pour le faire.

Notre ambition est la création d’une mission handicap de branche !

Enfin, nos efforts vont au-delà même de notre secteur. Nous ambitionnons de créer une véritable filière de collecte et de valorisation des biodéchets dans la restauration.

Un projet ambitieux, mais nous avons la technologie et la volonté nécessaires. Nous pouvons transformer les 10 millions de tonnes de biodéchets que nous produisons chaque année en compost et en méthane. Les agriculteurs nous suivent.

A la clé, c’est la possibilité pour nos professionnels de satisfaire à une obligation de valorisation de biodéchets qui sera applicable au 1er janvier 2025. Mais c’est aussi, grâce aux restaurateurs, la possibilité d’alimenter en énergie verte pas moins de 3 millions de foyers et de créer des milliers d’emplois : 55 000 emplois rien que pour la seule collecte des biodéchets !

Revenant à l’embauche au secteur, il est intéressant de s’intéresser aussi à celles des entreprises qui ne veulent pas recruter et d’en connaitre les raisons. Avez-vous une idée sur ce sujet ?

Vincent Sitz  : 77% des entreprises interrogées qui indiquent ne pas vouloir embaucher, l’expliquent par un refus d’augmenter leurs effectifs.

Cette situation démontre qu’il existe un problème de seuil que la loi PACTE devrait pouvoir résoudre. Attention, le seuil de 20 n’est pas le 1er frein. Celui des 11 salariés est plus important pour les TPE.

Ces chiffres nous montrent aussi qu’il y a urgence à sécuriser l’emploi des salariés sous CDD et plus particulièrement sous contrat d’extra !

Il y a urgence à faire reconnaitre les spécificités du secteur. Les professionnels le réclament unanimes.

Le gouvernement a su le faire pour d’autres branches comme le BTP ou pour d’autres formes d’emploi comme les travailleurs indépendants.

Une solution peut-elle rapidement être mise en œuvre ?

Vincent Sitz  : Oui, le 13 juillet dernier, le Sénat s’est saisi de ce sujet marquant au passage l’immobilise du gouvernement en la matière. Avec l’amendement adopté par les sénateurs, l’emploi de nos extras serait consolidé.

Aujourd’hui, les professionnels demandent au Gouvernement qu’il ne s’oppose pas à cet amendement devant l’Assemblée Nationale, mais qu’il y travaille avec les parlementaires afin que l’emploi des extras soit définitivement sécurisé.