01 02 01/02 2018

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Le GNI dénonce les deux visages d’Airbnb

Les hôteliers du GNI en ont ras-le-bol de l’attitude d’Airbnb. Ils dénoncent les deux visages de la plateforme. Philippe Etourneau, hôtelier à Montpellier et vice-président du GNI Occitanie, résume.

Vous estimez que l’image que donne Airbnb est faussée, dans quelle mesure ?

Airbnb sous son bon jour, c’est une plateforme qui se veut citoyenne et annonce collecter la taxe de séjour. Airbnb se dresse de blanc immaculé pour reverser avec force communication des millions d’euros aux collectivités locales. Rendez-vous compte : 13.5 millions d’euros au titre de 2017 ! Mais derrière cette communication se cache une toute autre réalité. D’abord, ces millions d’euros dont Airbnb se gausse ne sont pas payés par la plateforme, Ceux qui paient ce sont les touristes. Airbnb se contente simplement de collecter la taxe de séjour, la nuance a son importance.

Vous reconnaissez alors qu’Airbnb respecte son engagement ?

Non. Pour respecter la fiscalité française Airbnb devrait collecter la taxe de séjour pour tous les meublés loués sur sa plateforme et ce sur tout le territoire là où une taxe de séjour a été instaurée. Ce n’est pas le cas. En 2017 seulement 50 villes ont pu bénéficier du dispositif de collecte Airbnb. Pour les autre communes, c’est « circulez, y’a rien à voir ! ». Mais cela va changer car forts de nos arguments nous avons fait inscrire dans la Loi l’obligation pour cette plateforme et toutes les autres qui interviennent en intermédiaire financier de collecter systématiquement la taxe de séjour. Mais ce n’est pas tout. Nous reprochons également à Airbnb de ne pas respecter les barèmes de la taxe de séjour. Airbnb fixe et impose ses tarifs ! Comme si chacun d’entre nous pouvait choisir le montant de la taxe qu’il doit colecter. A titre d’exemple, Airbnb collecte 1 euro pour deux touristes dans un appartement à Paris (au lieu de 1.76 euros) ou à Montpellier (au lieu de 1.40 euros) et...ne collecte rien du tout pour un seul client dans chacune de ces deux villes. C’est un vrai scandale ! 

Vous dénoncez aussi un manque de transparence, dans quels domaines ?

Airbnb s’abstient de rendre des comptes aux communes dans lesquelles elle collecte la taxe de séjour. Pour reprendre mes exemples à Paris ou à Montpellier les demandes de justificatif ou même simplement d’explication quant aux montants reversés restent sans réponse de la part d’Airbnb. Avec Airbnb c’est « prends l’oseille et tais toi ! ». Ce manque de transparence n’est pas acceptable et cette plateforme doit revoir ses méthodes si elle veut être un acteur respecté de notre tourisme. Aujourd’hui, l’image d’une société ne se mesure pas à sa communication mais à son respect du droit car de tels manquements ne sont pas sans vicier la concurrence avec les autres acteurs de l’hébergement. Je pense aux résidences de tourisme, aux campings et bien évidemment à nos hôtels.

par Sylvie Soubes

https://www.lhotellerie-restauratio...Source : L’Hôtellerie Restauration