30 11 30/11 2018

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L’édito de Didier Chenet, président du GNI

La colère monte chez nos concitoyens et le gouvernement peine à comprendre et à agir.

En ces temps d’expression de colère populaire, les restaurateurs, les cafetiers et les hôteliers souffrent, c’est un fait établi. Ils doivent faire face à une baisse d’activité considérable en raison des difficultés rencontrées par leurs clients à circuler et des fournisseurs à approvisionner leurs établissements. Certains enregistrent une baisse d’activité de moitié de leur chiffre d’affaire habituel. Pour autant ils refusent de juger le mouvement des gilets jaunes.

Et cela nos dirigeants doivent le voir, le comprendre pour répondre. Répondre à l’exaspération qui s’exprime, une exaspération partagée par tous nos concitoyens. Des chefs d’entreprise, leurs salariés ou encore des autoentrepreneurs, qui sont un peu les deux à la fois. Tous dénoncent le matraquage fiscal de l’État. Et tous veulent que soient prises des mesures permettant de leur rendre un peu de pouvoir d’achat. Un peu plus de moyens pour vivre chaque mois, boucler leur fin de mois.

C’est précisément pourquoi, il nous appartient à nous les corps intermédiaires, les syndicats et organisations professionnelles, de jouer notre rôle. Celui de représentants de nos membres qui souffrent.

Pour le Groupement National des Indépendants de l’Hôtellerie & de la Restauration que je préside, la cause est entendue. Nous voulons exprimer des propositions pour sortir de la crise actuelle.

La première de nos propositions est pleine de bon sens. Le Gouvernement doit cesser de taxer « toujours les mêmes » c’est à dire les entreprises et leurs salariés. Il doit aller chercher le juste impôt et les justes taxes auprès de ceux qui réalisent leur activité en France et optimisent voire trichent sur leur contribution à l’effort national comme les plateformes numériques et les GAFA.

C’est plus que légitime, c’est urgent ! Car le pire à venir c’est qu’à défaut d’agir, ce sont ces mêmes plateformes qui vont tirer encore tirer de cette crise avec des achats de fin d’année que nos concitoyens feront sur la toile s’ils ne peuvent pas circuler.

La deuxième proposition du GNI tient à l’allègement du coût du travail. Il est urgent de répondre à la demande de pouvoir d’achat de nos concitoyens et pour cela de donner aux entreprises les moyens d’améliorer les rémunérations directes de leurs salariés par des baisses de charges sociales patronales et salariales. 

La troisième proposition s’adresse à nos partenaires sociaux parce qu’il ne faut pas tout attendre du gouvernement et de la loi et que chacun doit y aller de son effort. Pour les hôteliers, les cafetiers, les restaurateurs il est urgent de rendre à nos métiers leur attractivité. De rémunérer à sa juste valeur le travail accompli, de savoir ”payer” les sujétions de nos salariés qui font des sacrifices en travaillant la nuit, en coupure, le dimanche ou les jours fériés. Sachons comme lors de la création de la mutuelle frais de santé de la branche, retrouver le souffle social qui nous animait.

Le transport, le logement, le handicap..., voilà quelques autres sujets essentiels au quotidien sur lesquels nous devons travailler sous l’égide de notre commission paritaire de branche pour aider nos salariés, leur permettre de retrouver du pouvoir d’achat et des conditions de travail dignes et profitables à tous. L’attractivité de nos métiers passe notamment par la.

Plutôt que de diviser, le mouvement des gilets jaunes doit nous rassembler dans une volonté de trouver ensemble les moyens de construire un futur où chacun à sa place et peut vivre décemment.